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Gebr. Grimm (il)

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« Ajoutez une touche de classe avec le paillettes et le glamour des Gebroeders Grimm. » Robert Anthony et Thom Rijpstra, autrement dit les Gebroeders Grimm, sont des visages connus dans la capitale et de la Amsterdam Pride. Ils sont régulièrement présents comme hôtes lors d’événements, vêtus de costumes uniques. « Là où nous apparaissons, nous sommes des invités bienvenus. Cela paraît si naturel d’être soi‑même. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas : parfois on nous crie après et/ou il nous est arrivé d’être crachés dessus. »

Interview

« LA TOLÉRANCE SOUS PRESSION »

Les Gebroeders Grimm font désormais partie du paysage urbain d’Amsterdam. Depuis le milieu des années 1990, les deux amis liés par le serment, Thom Rijpstra et Robert Anthony, forment le duo saisissant des Gebroeders Grimm. Ils sont devenus une institution non seulement dans la capitale, mais bien au‑delà. Hasard ou non : ils viennent d’avoir 21 ans et existent donc aussi longtemps que la Gaypride, lancée en 1996. Il n’est pas étonnant qu’ils soient cette année l’un des visages majeurs de Pride Amsterdam. J’ai eu une conversation désarmante avec ces remarquables ambassadeurs.

Dans leurs tenues festives, ils égayent de nombreux événements queer de la ville. Fait remarquable : les costumes portés sont confectionnés par Robert lui‑même. Ce sont de véritables œuvres d’art, parfois composées de 70 000 sequins et autant de perles. « Tout le processus, du dessin à l’assemblage, me coûte du sang, de la sueur et des larmes. » Le résultat est impressionnant. Le fait que le directeur de Pride Amsterdam, Lucien Spee, les ait personnellement invités à devenir ambassadeurs les a remplis de fierté. Ils n’ont pas hésité un instant et ont accepté sur le champ.

Thom : « C’est un immense honneur de pouvoir le faire. » En souriant mystérieusement, ils lèvent un coin du voile quand on leur demande comment Robert et Thom comptent assumer cet ambassadeur. « En fait, c’est une prolongation de nos prestations en tant que Gebroeders Grimm. Nous allons frapper fort pendant les dix jours de la Pride. Nous allons chercher la publicité et, surtout, collaborer avec plusieurs organisations LHTBI d’Amsterdam. » Les frères seront présents à presque toutes les réceptions et fêtes.

Un point d’attention sera les personnes âgées queer. En tant qu’ambassadeurs, ils mettront cette population croissante à l’honneur. « Nous préparons actuellement un Roze Lunch (déjeuner rose) et un high tea au centre pour personnes âgées ‘De Flesseman’ dans le quartier Nieuwmarkt. » dit Robert avec enthousiasme.

Cette année, malheureusement, Adele Bloemendaal fera défaut. Plus tôt dans l’année, la diva haute en couleur est décédée après une longue maladie. « Les personnes âgées queer en maisons de retraite et centres de soins méritent un séjour agréable et digne. » De plus, ils se dévouent depuis des années corps et âme à d’autres causes. Leur campagne d’affichage pour une organisation de coopération au développement avait déjà attiré l’attention.

Le slogan actuel de la campagne, ‘This is my pride’, leur parle tout particulièrement. Leur cœur rose s’en est emballé, sourit Thom. « Ces mots nous vont droit au cœur. Nos cœurs roses s’emballent. Nous adoptons pleinement le thème. Il nous correspond littéralement et au sens propre. » s’exclament‑ils. Le sujet s’inspire du classique mondialement connu de la chanteuse Shirley Bassey, ‘This is my life’. Robert : « Tant que je vivrai, je serai un gay fier qui n’a jamais caché son orientation. » Son partenaire Thom ajoute doucement : « Pour moi aussi, c’est le cas. L’ouverture est toujours primordiale. Quand et où c’est possible, je soutiens les personnes lesbiennes, gay, bi, trans et intersexes. »

Aujourd’hui, il paraît évident d’être soi‑même. Les Gebroeders Grimm ajoutent toutefois une nuance. « En réalité, c’est plutôt difficile de pouvoir être soi‑même. » soulignent‑ils. Puis : « Aux Pays‑Bas, la violence, la discrimination et l’exclusion sociale sont toujours à l’affût. La tolérance et l’acceptation sont sous pression. La montée de la violence contre les personnes homosexuelles nous touche profondément. Au cours du dernier semestre, de nombreux incidents anti‑gay ont eu lieu rien qu’à Amsterdam, avec pour tragique point culminant le meurtre d’un homosexuel dans l’Oosterpark. Nous sommes restés sans voix. Et n’oublions pas l’étranger. Y faire son coming‑out peut être littéralement mortel. Saviez‑vous que l’homosexualité est punie dans 78 pays ? Dans cinq pays, la peine peut même aller jusqu’à la peine de mort. »

L’acronyme LHTBI est long à prononcer, mais englobe toute la communauté. « Nous veillerons à inclure aussi les bi, trans et intersexes. Nous saluons chaleureusement les initiatives du COC visant à rendre la diversité de genre abordable dans l’enseignement primaire et secondaire. » Cela s’aligne parfaitement sur le souhait de la Tweede Kamer d’obliger les écoles à donner des cours sur ce thème, ajoutent‑ils. Ils ne sont pas seulement de grands entertainers, mais aussi des activistes convaincus, comme il apparaît.

« Portons tous ensemble le thème et luttons pour pouvoir être ce que nous sommes. Car c’est bien cette implication qui compte. » Dans leurs tenues scintillantes, ils porteront sans doute ce message avec éclat. Les icônes gay d’Amsterdam sont désormais irrésistibles.

Photo Rick: Wezenaar
Interview : Paul Hofman

Pride Ambassadeurs depuis 2017