Interview : Paul Hofman
Chanteur néerlandophone. Il a sorti son premier album Eén nacht en 2011, mais s’est fait connaître du grand public en 2014 en participant à l’émission The Voice of Holland, où il a terminé deuxième. En 2014, il a aussi inauguré au De Gogh-museum, aux côtés de Liesbeth List, la soi‑disant « Arts & Culture‑pride » de la fondation Amsterdam Gay Pride. « Surtout en ce moment, il est très important de créer des liens les uns avec les autres. Avec d’autres personnes LGBTI, mais en réalité avec toute personne qui croise ton chemin. »
Interview
« Pride Amsterdam signifie la liberté pour moi »
Avec sa grande silhouette, le chanteur Sjors van der Panne (38) ne passe pas inaperçu. Il a depuis construit une belle carrière. Lors de ses prestations à travers le pays, il est souvent acclamé comme une star. Cette année, il est l’un des visages de la Pride qui fera sans doute battre de nombreux cœurs. Dans une interview exclusive, il parle longuement de son rôle d’ambassadeur, de sa carrière et de son rêve ultime.
Son agenda se remplit à toute vitesse. Pour nous, le sympathique chanteur prend pourtant tout son temps.
À vingt ans, il a déménagé à Amsterdam où son rêve de garçon s’est réalisé. Faire de la musique et divertir le public était son objectif. Il le fait avec passion. Une brillante carrière s’ouvre à lui. « J’ai grandi dans un monde rempli de musique. À la maison, on écoutait des disques de Ramses Shaffy et Liesbeth List, Joan Baez et Janis Ian. »
Malgré deux refus de la Kleinkunstacademie, il atteint son objectif grâce à la persévérance. Son talent est découvert tôt. Il s’est notamment produit lors des célébrations du bicentenaire de notre Royaume devant la famille royale.
Un an auparavant, il avait percé en tant que candidat de la cinquième saison de The Voice of Holland. Il partage cette expérience avec l’ambassadrice Shary-An. Il n’a pas remporté la finale de peu, mais son nom était lancé. Le single de Sjors « In het zicht van de haven » a atteint le Single Top 100.
Tout comme sa prestation de l’époque, son rôle d’ambassadeur pour la Pride est une consécration. « J’ai été tout de suite extrêmement enthousiaste quand on m’a demandé. »
À propos de son métier, il dit spontanément : « Je travaille depuis des années sur ma carrière. Plus tu t’y consacres, plus tu rencontres de belles expériences sur ton chemin. Je suis un énorme perfectionniste, pas seulement envers moi-même mais aussi envers toute l’équipe. » En riant, il révèle : « Souvent j’oublie de profiter de tout ce qui se passe. Je vis pour et par mon travail, c’était ce que je voulais, mais ce n’est qu’après un spectacle formidable que je peux en profiter. C’est un peu dommage. Je me suis maintenant promis d’aborder mon ambition de manière plus détendue. » S’arrêter vraiment et prendre une pause n’est pas pour lui. « On doit continuer ! »
Comment va‑t‑il se démarquer comme ambassadeur Pride ? « Je ne rentre pas dans une case. Je suis homme, père, chanteur, amateur de cafés, célibataire, artiste, calme, fou et passionné. J’espère que personne ne se limite à une étiquette. Ma devise n’est pas choisie au hasard : ‘Met Elkaar’. C’est d’ailleurs aussi le titre de mon dernier album. J’y crois fermement. Être libre et faire plaisir à soi-même mais aussi aux autres est important. Et, dans certains cas, protéger l’autre si nécessaire. » Avec détermination : « Je représente la Pride avec fierté. »
Il prêtera souvent sa voix pendant la Pride. « Je me produisrai pour les personnes âgées lors de la Senior Pride. » Puis il ajoute doucement : « J’espère avoir la chance d’aider les jeunes à apprendre à se défendre. »
Quel est son plus grand souhait ? « J’espère que ma carrière continuera de monter, que ma petite fille aura une vie merveilleuse, que mes amis continueront à m’aimer et que je trouve enfin ce mec tellement sympa et adorable. » Et pour la Pride ? « J’espère que la Pride sera baignée de soleil et qu’elle pourra se dérouler dans l’amour et beaucoup de joie, dans la liberté. »
Avec sa voix chaleureuse, Sjors van der Panne fait la différence. « Chérir et protéger la sécurité et la liberté que nous avons dans notre pays est très important. Cela implique aussi la conscience que, ailleurs, cette liberté est loin d’être acquise. Être fier et défendre ses ambitions personnelles ne suffit pas à mes yeux pour ‘célébrer’. Bien sûr, je suis parfois fier de moi, mais cela n’a rien à voir avec mon orientation. Pour moi, Pride, c’est surtout célébrer les différences avec sa ville, ses compatriotes et ses pairs. »
Pour lui, Pride Amsterdam est réussie si chacun a le sentiment d’y appartenir. « Et en même temps ressent que nous vivons dans un pays magnifique. Ensemble, nous pouvons rendre le monde un peu plus beau. Garder un regard ouvert les uns envers les autres et sur notre environnement est mon point de départ. »
Liesbeth List : « Vivre une chanson pendant qu’on la chante. Peu savent le faire. Sjors peut le faire mieux que quiconque. »
Ambassadrice Pride depuis 2017
