Les Pays-Bas ont décidé de proposer en 2027 le mouvement Pride néerlandais pour la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Le mouvement Pride néerlandais constitue pour notre communauté un héritage important et joue un rôle majeur dans la lutte pour les droits des personnes LGBTQIA+. Grâce à cette candidature, Pride pourrait devenir le premier patrimoine immatériel LGBTQIA+ inscrit sur cette liste !

Convention de l'UNESCO sur le patrimoine culturel immatériel
En 2012, les Pays-Bas ont signé la convention de l’UNESCO de 2003 sur le patrimoine culturel immatériel, officiellement « Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ». Cela signifie qu’à partir de ce moment-là, toutes les traditions vivantes, savoir‑faire, fêtes et pratiques culturelles aux Pays‑Bas — celles que nous partageons et transmettons — sont considérées comme patrimoine immatériel. Il peut s’agir de fêtes, d’artisanat, de rituels, de musique, de cuisine ou de modes de vie qui donnent sens à l’identité et à la solidarité. Le mouvement Pride en fait donc aussi partie !
Inventaire national
L’un des engagements des pays signataires de la Convention est d’inventorier le patrimoine sur leur propre territoire. Depuis la signature de la Convention en 2012, les Pays-Bas travaillent à cet égard.inventaire. Pride Amsterdam a inscrit en 2019 son patrimoine à l'Inventaire du patrimoine immatériel des Pays-Bas ajouté.
Liste internationale
En plus de ces inventaires nationaux, l’UNESCO établit également un répertoire du patrimoine immatériel pratiqué dans le monde entier. Chaque année, les pays participants peuvent y proposer des éléments figurant sur leur propre inventaire national. À ce jour, aucun patrimoine immatériel lié aux personnes LGBTIQA+ n’apparaît encore sur cette liste mondiale. Nous souhaitons y remédier maintenant.
Nomination Pride
Les Pays-Bas ont déjà proposé, par le passé, plusieurs éléments du patrimoine immatériel pratiqués dans le pays, comme l’art de meunier, les corso et le Zomercarnaval de Rotterdam. La ministre Letschert du ministère OCW a décidé cette année de proposer Pride au titre de 2027, au nom des Pays-Bas. Pride pourrait ainsi devenir le premier patrimoine immatériel LGBTIQA+ inscrit sur cette liste ! L’UNESCO rendra sa décision à l’automne 2028.
Les Prides peuvent participer
Si le mouvement Pride est inscrit par l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel, d’autres Prides à travers le monde pourront s’y rattacher dès qu’elles auront obtenu le statut de patrimoine national. Actuellement, Brussels Pride est, avec Amsterdam, la seule autre Pride à disposer déjà de ce statut national, mais plusieurs Prides en Europe et en Amérique du Sud sont également en cours de procédure de candidature.
Aidez-moi !
Un dossier de nomination est actuellement en préparation, et les apports ainsi que l’engagement de la communauté/praticiens sont d’une valeur inestimable.
Voulez-vous contribuer à ceci ? Rendez-vous sur la pétitionet laissez un message personnel.
Pour plus d’informations, consultez également la FAQ sur la Pride en tant que patrimoine immatériel ou contactez Marije Cornelissen.
FAQ sur la Pride en tant que patrimoine immatériel
Qu'est-ce que le patrimoine immatériel (PI) ?
Le patrimoine immatériel se compose de pratiques culturelles, de traditions, d’artisanats et de festivités que les gens partagent et transmettent. C’est un héritage vivant, capable de s’adapter aux contextes et à la société. Pensez aux fêtes, savoir‑faire, rituels, musiques, cuisines ou manières de vivre ensemble qui donnent sens à l’identité et au lien social.
Quelles sont les caractéristiques du patrimoine immatériel ?
- C’est transmis de génération en génération.
- C’est un patrimoine vivant, pratiqué depuis des générations, qui a un passé, un présent et un avenir.
- Le patrimoine immatériel est vivant : il évolue constamment et s’adapte en permanence aux changements sociaux, aux nouvelles lois et réglementations, etc.
- Les pratiquants — ici, les organisateurs et participant·e·s de Pride — sont les « propriétaires » de leur patrimoine. Ils perçoivent ce patrimoine comme une expression culturelle qu’ils souhaitent maintenir vivante en la transmettant aux nouvelles générations de pratiquant·e·s.
Qu'est-ce que la Convention de l'UNESCO pour le patrimoine culturel immatériel ?
La Convention de l’UNESCO (nom officiel : « Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ») a été adoptée en 2003 et les Pays-Bas l’ont signée en 2013. Cette Convention définit le patrimoine immatériel comme une source de diversité culturelle et une contribution au développement durable. Elle renforce le sentiment d’identité et de continuité des communautés, des groupes et des individus, et encourage le respect de la diversité culturelle et de la créativité humaine.
Les principaux objectifs du traité sont :
- protéger (perpétuer) et soutenir le patrimoine culturel immatériel
- sensibiliser davantage sur l’importance du patrimoine culturel immatériel
- promouvoir le respect du patrimoine culturel immatériel
- et encourager la coopération internationale
La Convention a été ratifiée par presque tous les pays du monde. Les seuls pays qui ne l’ont pas ratifiée sont les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Guyana, Israël et la Russie. Ils ne peuvent donc pas proposer de patrimoines pour l’inscription sur la liste internationale. L’Afrique du Sud et le Royaume‑Uni ont, eux, récemment adhéré à la Convention et peuvent également proposer Pride pour une inscription au patrimoine.
Quelles obligations implique la convention de l’UNESCO ?
Chaque pays signataire de la Convention de l’UNESCO s’engage à recenser le patrimoine immatériel présent sur son territoire. Comme le patrimoine immatériel est vivant et en constante évolution, ce recensement est un processus continu.
Les Pays-Bas ont commencé en 2013 à inventorier le patrimoine immatériel du pays. De manière explicite INPays-Bas, car il s’agit du patrimoine immatériel pratiqué et transmis aux Pays-Bas. Cela inclut donc aussi tout le patrimoine apporté par la migration et qui y est aujourd’hui pratiqué.
Qu’est-ce que la « Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité » ?
Outre le fait que chaque pays signataire du Traité dresse sa propre inventaire, l'UNESCO utilise également plusieurs listes pour le patrimoine immatériel, dont la « Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité »Ceci est la liste de l’UNESCO la plus connue en lien avec cette Convention. On y trouve près de 800 exemples de patrimoines immatériels du monde entier. L’objectif de cette liste n’est pas de désigner des « chefs-d’œuvre », mais de rendre visible la diversité des patrimoines immatériels à travers le monde. Le terme « représentatif » renvoie donc à cette diversité, et non à l’importance ou à la qualité.
Quel est le rôle de KIEN (Kenniscentrum Immaterieel Erfgoed Nederland) ?
KIEN a été désigné par le gouvernement néerlandais pour coordonner la convention de l’UNESCO sur le patrimoine culturel immatériel aux Pays‑Bas. Parmi ses missions figurent renforcer la visibilité et assurer la pérennité de ce patrimoine. Pour ce faire, KIEN mène des recherches et diffuse des savoirs. L’organisation fournit également des conseils adaptés sur la transmission, le développement et la promotion du patrimoine. En collaboration avec les praticien·ne·s du patrimoine immatériel, elle identifie les défis et les opportunités et réfléchit aux meilleures façons d’en prendre soin.
De qui est le patrimoine immatériel ?
Du point de vue de la convention de l’UNESCO, ce sont toujours les praticien·ne·s du patrimoine qui doivent être considéré·e·s comme ses « propriétaires ». Cela a du sens, puisqu’eux seuls détiennent le savoir et les compétences pour transmettre ce patrimoine à une nouvelle génération. Par conséquent, ce sont aussi les praticien·ne·s qui décident s’ils ou elles souhaitent rendre leur patrimoine visible ou non dans l’Inventaire du patrimoine immatériel des Pays-Bas.
Est-ce que Pride Amsterdam est un patrimoine immatériel national ?
En 2019, Pride Amsterdam a été inscrit·e à l’Inventaire du patrimoine immatériel des Pays-Bas. Cela ne signifie pas que Pride Amsterdam est la seule Pride pouvant figurer dans cet Inventaire : chaque Pride aux Pays-Bas peut décider elle-même de demander son inscription.
Sur quels critères la proposition sera-t-elle évaluée ?
À l'UNESCO, la proposition est évaluée selon les critères pour le patrimoine immatériel tels que définis par la Convention. Théoriquement, un jugement de valeur personnel sur le patrimoine ne doit donc pas entrer en ligne de compte lors de l'examen d'une candidature.
Il est toutefois probable que cette candidature suscite des controverses auprès de certains États parties à la Convention, qui donneront leur avis au sein de l'Evaluation Body. Cet organe formule une proposition au ‘Intergovernmental Committee for the Safeguarding of the Intangible Cultural Heritage’, qui prendra la décision finale lors de sa réunion annuelle en novembre/décembre 2028.
C’est pourquoi il est d’autant plus important de démontrer que la Pride remplit toutes les conditions dans le dossier de nomination, par exemple en impliquant la communauté et en recueillant des témoignages de soutien. Tout le monde peut aider en pétitionsignant et en laissant un témoignage sur la valeur de la Pride.
Que se passe-t-il si le patrimoine est pratiqué dans plusieurs pays, comme c'est le cas pour la Pride ?
Beaucoup de formes de patrimoine immatériel dépassent les frontières et sont pratiquées dans plusieurs pays. Les États peuvent donc choisir de présenter conjointement un patrimoine immatériel à l'UNESCO. Aucun pays ne peut revendiquer à lui seul une forme particulière de patrimoine immatériel.
Après l'inscription d'une forme de patrimoine immatériel par un pays sur la liste de l'UNESCO, d'autres pays qui l'ont inscrite au niveau national peuvent décider de se joindre à cette candidature.
Actuellement, en plus de Pride Amsterdam, Brussels Pride bénéficie déjà du statut de patrimoine national en Belgique. Elles peuvent dès maintenant se joindre à la candidature. Dans plusieurs autres pays d'Europe et d'Amérique du Sud, des Prides travaillent à l'obtention du statut national afin de pouvoir se rallier plus tard.
L'inscription de la Pride sur la liste équivaut-elle à une reconnaissance de la Pride ?
La notion de reconnaissance est complexe pour le patrimoine immatériel, car ce sont toujours les praticien·ne·s qui sont au centre. Ce sont les personnes détentrices du savoir-faire qui peuvent transmettre le patrimoine aux générations suivantes. Les gouvernements ou des tiers extérieurs ne peuvent pas le faire à leur place. En résumé : si les praticien·ne·s considèrent leur pratique comme du patrimoine, alors c’en est pour elles/eux.
Que signifie sauvegarder le patrimoine ?
La Convention de l'UNESCO met l'accent sur la sauvegarde du patrimoine immatériel ; cela signifie maintenir le patrimoine vivant et le transmettre aux nouvelles générations. La communauté concernée est essentielle à cette sauvegarde. Sans son engagement, son savoir et son savoir‑faire, le patrimoine immatériel ne peut pas rester vivant. Les défis auxquels les praticien·ne·s peuvent être confronté·e·s sont internes, comme un désintérêt croissant, ou externes, par exemple des réglementations nouvelles ou plus strictes, l'augmentation des coûts et des responsabilités juridiques qui compliquent l'organisation des pratiques patrimoniales.
En quoi cette candidature profite-t-elle finalement au mouvement Pride dans le monde ?
Même si l'UNESCO évite généralement le terme « reconnaissance » (puisque ce sont les praticien·ne·s qui reconnaissent leur propre patrimoine comme digne d'être transmis), l'inscription internationale constitue une forme de reconnaissance du patrimoine. Elle rend visible la diversité des patrimoines immatériels à l'échelle mondiale. Si la Pride est inscrite, ce serait le premier patrimoine lié à la communauté LGBTQIA+. Aucune des inscriptions actuelles ne concerne directement cette communauté.
Le patrimoine immatériel peut-il disparaître ?
Oui. Si plus personne ne souhaite transmettre une pratique aux nouvelles générations, le patrimoine immatériel peut disparaître. Parfois parce qu'il n'est plus perçu comme pertinent, parfois parce que des lois rendent sa pratique impossible (p. ex. l'interdiction d'utiliser certains types de feux d'artifice). Le patrimoine peut aussi cesser d'exister parce que la société évolue et n'accepte plus certaines traditions ou rituels — par exemple katknuppelen ou palingtrekken. Par ailleurs, il peut se transformer pour s'adapter aux changements sociaux, comme cela a été le cas autour de la figure de Zwarte Piet dans la fête de Sinterklaas.
Outre la disparition, de nouveaux patrimoines immatériels peuvent émerger, souvent sous l'effet de la migration, qui les transforme pour s'adapter aux conditions locales. La culture des jeunes est également une source fréquente de nouveaux patrimoines immatériels.
Quelle est la différence entre patrimoine immatériel et patrimoine mondial ?
La Convention du patrimoine mondial est un traité de l'UNESCO de 1972 qui vise à protéger le patrimoine culturel et naturel contre des menaces telles que la dégradation, la destruction et les effets des changements sociaux et économiques. Le patrimoine mondial concerne toujours le patrimoine matériel. Aux Pays‑Bas, la ceinture des canaux d'Amsterdam, la mer des Wadden et la maison Rietveld‑Schröder sont, entre autres, inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les différentes conventions culturelles et patrimoniales de l'UNESCO sont des instruments juridiques qui engagent les États à protéger, conserver et rendre accessible le patrimoine. Pour plus d'informations, consultez le site web de l'UNESCO.
Que puis‑je faire pour aider en tant qu'individu ?
Toute personne qui soutient la Pride en tant que patrimoine culturel peut aider ! Vous pouvez pétitionsigner la pétition pour montrer votre soutien à cette initiative. Plus il y aura de « praticien·ne·s du patrimoine » qui signent, mieux ce sera. Tous·tes les participant·e·s des Pride, qu'ils·elles fassent partie de la communauté LGBTQIA+ ou qu'ils·elles soient allié·e·s, peuvent exprimer leur soutien.
Il est également important pour l'UNESCO que les participant·e·s des Pride puissent contribuer à la nomination. Nous souhaitons donc savoir ce que la Pride représente pour vous. Toute personne signant la pétition aura la possibilité de laisser un message sur la valeur de la Pride pour elle. Ces contributions sont très précieuses pour la candidature et sont chaleureusement accueillies.
Que puis‑je faire pour aider en tant qu'organisateur·rice de Pride ?
Si vous êtes actif·ve dans une organisation Pride, aux Pays‑Bas ou ailleurs, ce serait formidable d'aider à promouvoir la pétitionsur les réseaux sociaux, auprès de votre équipe et de vos bénévoles, et dans les listes de diffusion de votre communauté.
Vous pouvez aussi lancer le processus pour obtenir le statut de patrimoine national, généralement via le ministère de la Culture, afin que votre Pride soit inscrite comme patrimoine culturel immatériel national. Si votre Pride obtient ce statut national, elle pourra ensuite être proposée pour la liste internationale de l'UNESCO — à condition que la nomination réussisse.
Les Prides aux Pays‑Bas peuvent aussi aider spécifiquement en rédigeant une « Letter of Consent » qui explique la valeur de la Pride pour vous et vos participant·e·s, et qui indique que vous soutenez la candidature.
Plus d'informations ?
Si la réponse que vous cherchez ne se trouve pas ici, veuillez contacter Marije Cornelissen.